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cadre METHODE MICROPSYCHANALYTIQUE
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Psychothérapie micropsychanalytique
 

Lans une métaphore célèbre, Freud a écrit que la psychothérapie est un alliage dans lequel beaucoup de cuivre a été ajouté à l’or pur de la psychanalyse. Si l’on veut garder cette image en micropsychanalyse, il ne faut pas penser la question de l’alliage seulement en termes de valeur, mais aussi de fonction. La psychothérapie est une technique adaptée aux buts qu’elle se fixe.

Qu’elles soient appelées psychothérapies micropsychanalytiques, micropsychothé­rapies, psychothérapies d'inspiration micropsychanalytique ou micropsychanalyses focales, toutes les psychothérapies issues de la micropsychanalyse reposent sur des bases communes, plus précisément sur un trépied s’appuyant sur la technique et le modèle théorique de la micropsychanalyse ; ainsi elles associent : 1) des séances de longue durée, c'est-à-dire des séances d’une heure trente au moins et pouvant aller jusqu’à trois heures ; leur fréquence est variable, en général une ou deux fois par semaine, mais parfois plus 2) l’utilisation d’appoints techniques tels que l’étude des photographies (personnelles et de famille), des plans des lieux d’habitation, de l'arbre généalogique, de la correspondance et d’autres écrits, dessins… 3) la métapsychologie micropsychanalytique comme base référentielle du travail.

La psychothérapie micropsychanalytique est un aménagement de la technique de la micropsychanalyse visant essentiellement à desserrer l’étreinte d’un ou plusieurs symptômes. Dans cette présentation nécessairement succincte, on se contentera de donner un aperçu de cette pratique qui est en fait complexe et subtile. Elle exploite la souplesse de la technique micropsychanalytique pour répondre de la manière la plus adéquate possible à la situation de ceux à qui elle s’adresse : à leurs problèmes spécifiques (qui vont des difficultés existentielles momentanées aux pathologies mentales durables, en passant par les troubles psychosomatiques), à leurs possibilités (prise en compte en particulier des limitations socio-économiques) et à leurs motivations à entreprendre un tel travail (par exemple, envie de résoudre certaines difficultés actuelles plutôt que désir de connaître son psychisme en profondeur et de réorganiser l’ensemble de son équilibre psychobiologique).

En fonction de chaque contexte particulier, le micropsychanalyste  psychothérapeute peut modifier la fréquence et la durée des séances, moduler la façon d'utiliser tel ou tel appoint technique et intégrer à son travail des références théoriques particulières. Cependant, elle conserve les grands principes de la micropsychanalyse : la méthode associative, la démarche visant à éclairer la vie présente par l’histoire du sujet, la prise en compte de la causalité inconsciente, l’analyse des conflits psychiques liés à l’agressivité-sexualité refoulée, l’appréhension des relations d’objet provenant des vécus utéro-infantiles...

Entreprise volontairement circonscrite et de portée limitée, une psychothérapie ne pousse pas l’élaboration associative aussi loin qu’une véritable micropsychanalyse. Sans avoir l’ambition de transformer radicalement l’organisation psychobiologique du sujet, elle peut cependant conduire à un meilleur équilibre intérieur et relationnel. D’autant plus, que le micropsychanalyste tendra à y avoir une attitude plus active (tout en restant globalement neutre) : la position de psychothérapeute autorise l’analyste à intervenir plus souvent, à reconstruire ou interpréter des contenus avant que leur élaboration soit parvenue à son terme naturel ; suivant la situation, il peut être amené à faire une intervention de soutien ou de réassurance, à donner un conseil, à orienter le travail sur le renforcement du moi ou chercher à obtenir une meilleure adaptation du sujet à la réalité. En somme, c'est un certain droit de regard du social sur l’étude de l’inconscient, par le biais de la limite du processus initié, de l’intention soignante ou restauratrice et d’un travail qui se veut plus direct et relativement rapide.

Micropsychanalyse et psychothérapie micropsychanalytique sont toutes deux des "entreprises de parole" conduisant à une évolution du sujet. La première vise à une transformation profonde et est donc forcément plus longue. Mais tout analyste connaît d'expérience des psychothérapies qui durent longtemps et qui touchent ponctuellement des éléments profonds. D’ailleurs, une fois le sujet consolidé intérieurement, la voie est souvent ouverte pour une micropsychanalyse.  

Le débat fécond autour de la thérapie et de l’analyse ne concerne pas simplement des questions de forme. Il est aussi ancien que la psychanalyse elle-même et remonte aux pionniers (par exemple Ferenczi) qui ont voulu utiliser des techniques plus actives que la pratique mise au point par Freud. La discussion est donc loin d'être terminée.

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