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cadre METHODE MICROPSYCHANALYTIQUE
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Dispositif de seance

Les longues séances

Les longues séances  constituent l’élément central de la technique micropsychanalytique. Ce sont des séances d’analyse de trois heures ayant lieu 5 à 6 fois par semaine lors de micropsychanalyse par tranches, 3 à 4 en cas de micropsychanalyse continue.

Bref rappel du cadre psychanalytique
Classiquement, le cadre analytique est conçu pour permettre à l'analysé* de s'exprimer de manière authentique en verbalisant le plus librement possible ce qui lui vient à l'esprit et ce qu'il ressent. Dès qu’il y parvient, son discours se développe en associations libres, à travers lesquelles il va pouvoir entrer en contact avec les éléments qui composent son psychisme inconscient. Peu à peu, il pourra penser ses mouvements psychiques et donner sens à des choses qui font partie de lui sans qu’il les comprenne : des émotions incontrôlables, des sentiments étranges, des fantasmes envahissants, des pensées irrationnelles, des inhibitions incompréhensibles, des désirs débordants que son inconscient suscite.

Le cadre micropsychanalytique
L’allongement de la durée des séances et leur fréquence quasi quotidienne ont des effets spécifiques sur le travail analytique.

Une séance de plusieurs heures donne à l’analysé le temps de devenir réceptif à ce qui remonte des profondeurs du psychisme. Elle lui offre un espace suffisant pour s’ouvrir à ses pensées secrètes et à ses sentiments cachés sans être interrompu avant d’avoir intégré ce qui a fait surface. Autrement dit, la longueur de la séance aide l’analysé à plonger en lui-même et à s’imprégner des événements qui ont déterminé son développement.

Cependant, l’analysé ne se coupe pas totalement du présent, il n’oublie pas ses relations actuelles et ses tracas quotidiens. S'il y a des moments où il retourne totalement en lui-même, il y en a d’autres où il s'ouvre à des images et des pensées en rapport avec la réalité extérieure. Associer librement ne signifie pas être détaché du monde : des vécus quotidiens, des aspects de la vie actuelle, des objets de l’environnement se présentent également à la conscience. Mais après une à deux heures de séance, certains de ces éléments tendent à se relier associativement à des vécus anciens. L'analysé pourra progressivement connecter ses relations d'adulte à des personnages clefs et à des épisodes de son enfance. Il saisira ainsi la dimension inconsciente de ses interactions avec l'environnement, il appréhendera ce qu'il y projette et ce qu'il en reçoit à son insu. Il percevra pourquoi certains stimuli extérieurs trouvent une résonance profonde en lui, le conduisant à y réagir de manière particulière.

Faire une micropsychanalyse consiste davantage à revivre sur le divan des moments clefs de son histoire récente ou ancienne qu'à simplement remuer le passé. Parce que les longues séances suscitent des revécus intenses, elles permettent des ressentis forts : elles ravivent des traces d'un passé enfoui, en ramenant à la surface des expériences anciennes. L’analysé revit ainsi, avec une abondance de détails et surtout avec une charge affective adéquate, les situations qui ont marqué son développement. Ces revécus amènent des décharges émotionnelles intenses qui peuvent être travaillées au cours de la même séance. Avec la progression de l’analyse, des affects exprimés retrouveront des représentations refoulées et les correspondances qui s’établissent de cette manière permettront d’atténuer certaines distorsions émotionnelles qui empoisonnent la vie.

Les longues séances présentent une autre particularité : le revécu peut être élaboré sans délai, c'est-à-dire travaillé associativement jusqu’à ce que le vécu mémorisé, qui est à son origine, ne soit plus source de conflit et qu’il puisse être intégré par le moi, pour être transformé en force vive par le sujet.

Dynamique associative
En séance, le sujet se détache peu à peu des contraintes socioculturelles qui gèrent habituellement la pensée et le discours. Des souvenirs jusqu’alors perdus refont surface, des pensées inattendues se présentent, des émotions nouvelles surgissent. Ces éléments s'enchaînent les uns aux autres de manière à ouvrir, en quelque sorte, les portes de l'inconscient pour qu'il puisse s'exprimer et trouver une respiration. Surtout, les manifestations de l’inconscient (rêves, répétitions, symptômes...) se connectent dans les associations avec des souvenirs, des pensées et des émotions qui leur donnent pour la première fois une signification. Ainsi, non seulement le sujet peut établir des ponts avec des contenus refoulés dont il était auparavant coupé, mais ses tensions psychiques trouvent un exutoire adéquat.

Les longues séances créent donc des conditions optimales au développement d’associations signifiantes ; grâce à la continuité qu'elles assurent, elles conduisent à la formation de grandes chaînes associatives mettant en relation les différents ingrédients de la vie : vécus du présent, souvenirs du passé, représentations de la réalité, images de rêves, scénarios de fantasmes, désirs sexuels et agressifs, moments de satisfaction ou de frustration, et enfin toute la gamme des émotions, des sentiments, des pensées, des comportements et des symptômes. Petit à petit, les grandes chaînes associatives ramènent ces constituants de l’existence à des traces enregistrés dans l'inconscient : vécus infantiles, utérins et ancestraux, contenus refoulés, complexes.

Dans le matériel particulièrement riche des grandes chaînes associatives, on retrouve tout naturellement différents aspects du transfert, qui peuvent se relier spontanément à leurs déterminants inconscients. Les longues séances permettent ainsi d'éviter l'écueil de la focalisation sur la situation transférentielle/contre-transférentielle.

Le développement des grandes chaînes associatives constitue une condition sine qua non pour pouvoir étudier en séance, sans fausser le rapport analytique, des documents appartenant à l’analysé, tels que ses photographies personnelles et familiales, ses lettres, son arbre généalogique, les plans de lieux où il a vécu.

Dès lors, l'analysé retrouve dans son intimité le passé qui l'a forgé. Souvent, il remonte au-delà de ce qu'il a vécu pendant son enfance, il touche des expériences intra-utérines et des éléments faisant partie de son héritage psychique ancestral. Finalement, la personne en micropsychanalyse renoue peu à peu les fils perdus de sa vie, reconstruit des pans de sa mémoire abattus par le refoulement et découvre un sens à son histoire et à celle de sa famille.

En cela, le travail en longues séances d’une micropsychanalyse va bien au-delà de l'aspect thérapeutique. Non seulement l'analysé saisit l'origine inconsciente de ses souffrances et de ses symptômes névrotiques, mais il peut donner une signification à ses aspirations existentielles, à son imaginaire, à ses rêves, à ses fantasmes. En découvrant la place singulière que son histoire personnelle, familiale et sociale lui permet d’occuper, il tend à renforcer son identité et à se créer une nouvelle façon d’être au monde.

* Les micropsychanalystes ont gardé l’habitude de parler d’analysé, plutôt que d’analysant, comme le faisaient Freud et les premiers freudiens.

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