a micropsychanalyse s’inscrit dans le prolongement de la psychanalyse freudienne dont elle partage les buts et reprend les bases techniques.
En donnant à la personne en analyse les moyens d’accéder à la dimension inconsciente de son psychisme, elle vise à résoudre les conflits qui y ont leur source et à atténuer ainsi les souffrances psychiques.
Certains éprouvent une anxiété diffuse ou une angoisse lancinante, des inhibitions incompréhensibles, un manque d'estime de soi ou subissent des échecs répétés... D'autres ont une incapacité à vivre en harmonie avec leur entourage, sont envahis par des obsessions, des phobies. Parfois, c'est un chagrin d'amour qui fait naître une douleur intolérable ; parfois, c'est une affection psychosomatique ou une dépression chronique qui amène à se poser des questions existentielles.
Quelle que soit leur forme, les symptômes sont envisagés dans leur rapport à l'inconscient. Autrement dit, la personne en analyse découvre les traces que son histoire a laissées dans son psychisme profond et comprend peu à peu comment ces traces s’expriment dans sa vie quotidienne. C’est à travers la parole que le travail analytique se fait. En racontant sa vie, en évoquant ses souvenirs les plus lointains, l’analysé prend conscience des événements qui l’ont marqué à son insu. Il s’agit d’une parole particulière : confortablement installé sur un divan, l’analysé s’exprime le plus librement possible – c’est la fameuse méthode associative découverte par Freud – alors que l’analyste l’écoute assis légèrement en retrait. En cela, la démarche micropsychanalytique est parfaitement freudienne et son effet ne se limite pas aux symptômes. La liberté d’expression qu’offrent les séances permet de toucher les conflits cachés dont les symptômes sont l’expression. Autrement dit, faire une micropsychanalyse c’est se donner les moyens de véritablement se connaître, de comprendre pourquoi on réagit de telle ou telle manière aux événements de la vie et de modifier les relations qu’on entretient avec soi-même et les autres.
Les innovations techniques que Silvio Fanti a progressivement introduites dans sa pratique ont pour but de potentialiser la méthode associative. Elles résultent essentiellement de l'expérience, car ce psychiatre italien était avant tout un clinicien. De formation freudienne, il exerçait la psychanalyse à New York selon le schéma habituel de trois ou quatre séances hebdomadaires de 50 minutes. Mais à partir de 1953, son sens clinique l'amène à penser que l'exploration de l'inconscient peut être stimulée si l'on modifie le cadre classique. Il s'appuie alors sur certains aspects oubliés de la pratique de Freud lui-même. Il allonge la durée des séances – 2 à 4 heures d'affilée – et augmente leur fréquence à 5 ou 6 par semaine, portant le temps de travail à 15 heures hebdomadaires en moyenne : c'est ce qu'il appelle les longues séances.
De plus, à des moments précis du travail analytique, Fanti intègre des « appoints techniques » : au cours de certaines séances, l'analysé étudie selon une technique à la fois innovante et rigoureuse ses photographies personnelles et familiales, sa généalogie, certaines de ses lettres, les lieux où il a vécu... Ces appoints techniques nourrissent ses associations libres et le conduisent à retrouver des pans entiers de son passé qui autrement resteraient inaccessibles.
La technique mise au point par Fanti intensifie et approfondit le travail analytique. Si l'analyse se fait de manière continue, elle ne dure plus que quelques mois. Lorsqu'un travail continu n'est pas indiqué, on peut alors opter pour une micropsychanalyse par tranches, c'est-à-dire une analyse fractionnée en périodes de quelques semaines de travail analytique, tous les 6 à 12 mois, donc entrecoupées par des intervalles de plusieurs mois sans séances. Le choix d’une modalité ou de l’autre répond à des critères techniques qui tiennent également compte des possibilités de l’analysé.
Ainsi, la technique micropsychanalytique consiste en un cadre précis, mais suffisamment souple pour s'adapter à des situations diverses. Elle donne un maximum de liberté à l’expression verbale et permet à l’analysé de plonger au fond de lui-même, en un voyage d’exploration intérieure qui l’amènera à découvrir ici des souvenirs enfouis dont il ne soupçonnait pas la charge émotionnelle, là des vécus refoulés ayant marqué sa personnalité, ou là encore des pulsions contradictoires en rapport avec des fantasmes et des désirs datant de sa petite enfance… En somme, au cours de sa micropsychanalyse, la personne en analyse appréhendera la face obscure de son histoire, ce qui l’aidera à se situer dans son environnement familial et social.
Cette recherche intérieure suscitera d’importants remaniements dans l’organisation psychique du sujet. La prise de conscience des contenus et des dynamismes de l’inconscient n’a pas seulement un effet thérapeutique, elle procure une meilleure connaissance de soi-même, ce qui tend à renforcer l’identité du sujet et à modifier durablement les relations qu’il entretient avec les autres.
Les longues séances et l’utilisation d’appoints techniques permettent d’élargir le champ d'action de l'analyse. Par exemple, les adolescents peuvent tirer profit de cette méthode : la fréquence des séances est essentielle pour avoir un impact relativement rapide au cours de cette période particulière. Le micropsychanalyste, quant à lui, privilégiera tel ou tel appoint technique pour que certaines difficultés de verbalisation, typiques des adolescents, puissent être surmontées.
De même, le dispositif micropsychanalytique (longues séances, appoints techniques) rend l'analyse accessible aux personnes âgées. La souplesse du cadre, qui adapte la cadence de travail aux particularités de leur âge, devient alors l'atout principal ; car il n'est évidemment pas question pour elles de remettre en cause l'ensemble de leur parcours ; il s'agit plutôt d'aborder la vieillesse avec sérénité.
Enfin, les possibilités d’entreprendre une analyse dépassent les classiques névroses, pour s’étendre à des problématiques plus difficiles d’accès, comme celles tenant aux toxicomanies ou celles liées à une personnalité borderline, voire psychotique.