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cadre METHODE MICROPSYCHANALYTIQUE
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L'etude de la genealogie

Les appoints techniques

4_L'étude de la généalogie « De qui suis-je le fils ? » Cette question fondamentale est le ressort de la tragédie de Sophocle, Œdipe roi. Tel Œdipe, chacun d'entre nous, à l'un ou l'autre moment de sa vie, s'interroge sur ses origines, tant il est vrai que la compréhension de soi passe par la connaissance de là d'où l'on vient.

C'est la raison pour laquelle, dans certaines formes de psychothérapie, on étudie la généalogie; on y utilise le génogramme, représentation graphique des rapports générationnels donnant des informations sur la famille et permettant de visualiser sa structure, son fonctionnement et les relations entre ses membres.

En micropsychanalyse, au fur et à mesure que l'analysé parle de sa famille en séance, il se rend compte qu'elle comporte de multiples zones d'ombre : personnages dont il ignore tout, ancêtres mythiques, filiations incertaines, secrets bien gardés, événements déformés... Le travail généalogique lui permettra de combler certaines de ces lacunes. Il va entrevoir que son  ascendance présente une constellation d'éléments qui influencent inconsciemment sa vie. A ce moment-là, l’analyste peut lui proposer d’établir son arbre généalogique sur la base de ce qu’il sait (ou croit savoir) de sa famille. Une fois ce premier arbre fait, l’analysé peut recueillir des renseignements extérieurs sur son ascendance, en questionnant son entourage, en dénichant des documents anciens, en allant chercher dans des archives communales, départementales ou paroissiales, etc. Cette recherche sera plus ou moins fouillée et remontera plus ou moins loin selon ses intérêts personnels et les points spécifiques qui l’interpellent dans son travail analytique. Par exemple, un analysé qui ne connaît pas son père, dont il ne sait pratiquement rien, sera certainement porté à aller enquêter du côté de la lignée paternelle.

Au cours d’une micropsychanalyse, l’analysé étudie aussi sa généalogie afin de pouvoir se mettre plus facilement en contact avec la dimension ancestrale de son inconscient. Un travail généalogique présente un intérêt tout particulier lorsque certaines répétitions de l’analysé semblent faire écho à des expériences mémorisées dans son inconscient, sans avoir été vécues par lui-même ; en d’autres termes, l’analysé répéterait à son insu des événements ayant marqué son histoire familiale. De la même façon, certains symptômes qui ne trouvent pas d’explication satisfaisante dans l’histoire personnelle de l’analysé peuvent s’éclairer – et parfois disparaître – si le travail se focalise sur son ascendance. Les renseignements que l'analysé recueille en établissant son arbre généalogique donnent donc une impulsion supplémentaire aux associations libres.

Le plus souvent, ce sont les informations biographiques sur les ascendants qui se révéleront le plus utiles analytiquement. Leur élaboration associative pourra dégager, par exemple, des traits psychiques familiaux éclairant l’analysé sur le choix de sa profession ou de son conjoint, sur une tendance à somatiser, sur une disposition intérieure à fuir ou à combattre... Au cours de ce travail, les associations libres pourront aussi ranimer, dans le psychisme de l’analysé, la trace d’ancêtres dont la représentation était refoulée. Des personnages ayant joué un rôle clef – mais insoupçonné – dans l’histoire familiale récupéreront leur réelle dimension, d’autres perdront leur statut de héros mythique pour retrouver leur dimension humaine.

 L’élaboration associative amène également l’analysé à mieux saisir les tenants et aboutissants de son roman familial. On entend par là un scénario fantasmatique que se construit l’enfant, dans lequel il nie sa véritable origine, s’imaginant être de bien plus haute extraction. L’analyse du roman familial est importante, car ce fantasme est souvent encore très actif dans l’inconscient de l’adulte, influençant son existence à son insu.

En un mot, l’analysé peut palper sa filiation psychique en étudiant analytiquement sa généalogie et en redistribuer certaines cartes. Ainsi ce jeune homme, orphelin élevé par sa mère, qui se voit cantonné dans des emplois subalternes bien au-dessous de ses capacités. Ses recherches généalogiques lui révèlent que son père s'est suicidé, ruiné par un associé véreux. Il fait des liens entre cette faillite et l'attitude de sa grand-mère paternelle qui avait, sa vie entière, accepté de subir les infidélités humiliantes de son mari. En outre, il prend alors conscience que son arrière grand-père paternel s'était cloîtré dans une vie de pénitence après une banqueroute. Il apprend aussi que ces personnes se trouvaient être, comme lui, des aînés et que tous les enfants avaient manifesté une rivalité très violente à l'égard de leur puîné jusqu'à l'éliminer de la famille.

L'analysé relie alors son attitude d'échec avec un désir d'autopunition phylogénétique. Il semble payer de la sorte, comme d’autres personnes de sa famille avant lui, leur agressivité infantile.

En s'inscrivant associativement dans cette chaîne généalogique, l'analysé peut mettre son comportement actuel en connexion avec des vécus plus primaires qui lui donnent tout son sens. Il prend conscience que, à travers les humiliations qu'il acceptait dans son activité professionnelle, il cherchait à expier, adulte, des pulsions agressives qu'il avait eues enfant ; en position de victime, sa culpabilité inconsciente diminuait.

La prise de conscience qu'il reproduit un dynamisme ancestral ne déresponsabilise pas pour autant l'analysé. Au contraire, grâce entre autres à ce travail généalogique, il parvient à trouver son identité au sein de la lignée dont il est issu, ce qui renforcera son moi. Il peut alors espérer mieux gérer les forces qui alimentent le dynamisme d’origine ancestrale et voir ainsi la contrainte inconsciente se modifier.

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